J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd

244052« J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd » est un film-documentaire-témoignage de Laetitia Carton pour son ami Vincent, sourd, mort il y a dix ans.
Ce film tendre et touchant, un brin militant, nous plonge durant 1h45 dans l’univers des sourds, réel peuple avec sa propre culture et son identité.La réalisatrice suit plusieurs groupes de personnes à différentes périodes : une famille sourde tentant d’inscrire ses enfants dans une école spécialisée, des activistes faisant une longue marche Le siècle Sourd en marche Paris-Milan pour dénoncer le mépris de la culture et de la langue des sourds, un enseignant sourd de la LSF, une malentendante (entendant très peu grâce à un appareil, ndlr) démunie car n’ayant jamais appris la langue des signes, une autre ayant appris à oraliser et que ses enfants entendants rejettent inconsciemment, le comédien Levent Beskardes aidant à la mise en scène du chant-signe « Winter’s child » de Camille.

« J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd » a, comme avis, comme la plupart des sourds, d’être contre les implants cochléaires et contre l’oralisation, qu’il considère comme « un soin contre une maladie ».

Ce long-métrage a forcément suscité un débat dans ma propre famille, moi-même entendante, et mes deux parents sourds.
De mon côté, je suis plutôt favorable à ces techniques, non pas pour soigner, comme ils disent, mais pour peut-être apprécier un art essentiel à mes yeux : la musique. Quel mal au cœur lorsque je chante, de voir mes parents souriants applaudir… mais applaudir quoi finalement ? Ma prestance, mes émotions… mais pas ma voix.

D’un autre côté, mes parents sourds, qui finalement, très attachés à leur culture, ne savent pas trop…
Sans implant et en ayant très vite retiré leurs appareils, ils ont été scolarisé dans des écoles spécialisées, ont appris à oraliser, et finalement, se sont fait des amis comme n’importe quelle personne. La différence entre eux : mon père n’ayant eu que des amis entendants, et ma mère au contraire, des amis sourds.

Malgré les nouvelles technologies proposées aujourd’hui telles que Internet, les chats, les emails, Skype, ou les sms, ils auront toujours un peu besoin de moi lors de démarches administratives.
Mais le son qui sort de leur bouche, certes déformé (ou parfois pris pour de l’anglais), les aide résolument dans la vie de tous les jours et les rend autonomes.
Et c’est pour cela que, sans retirer quoique ce soit de la culture sourde, je pense qu’elle peut tout à fait être compatible avec l’oralisation et la lecture sur les lèvres (ou les implants si cela peut-être possible).

Ce film amène une certaine réflexion… leur cause n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd !
« J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd », un film poétique sur un monde fascinant.

Notes : « J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd » est proposé avec sous-titres dans les salles obscures.

La bande-annonce :

 

En salle le 20 janvier 2016

L’avis de Culte-Ours : J’aime

01Jaime

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